François Eudes de Mézeray
Publié le 20/08/2012
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Admis à l'Académie française en 1649, malgré les critiques des savants sur son travail, Mézeray en devient le secrétaire perpétuel en 1659. Pendant la Fronde, il publie une Histoire des Turcs, ainsi que, sous le pseudonyme de Sandricourt, des mazarinades qui dévoilent un penchant pour la satire à la fois burlesque et libertine.

«
travaux des quatrains compo
sés par Jean Baudouin qui por
traiturent les héros de l'histoire
de France .
Le style
de l'historien est assez
inégal ,
et très littéraire : il met
en scène ses personnages et, à
l 'occasion, n'hésite pas à
leur
prêter des propos plus ou
moins fondés.
« Mes héros ont
dit les choses que je leur mets
dans la bouche , ou, s'ils ne les
ont pas dites , elles sont du
moins si nécessa ires que je se
rais obligé de les dire », affir
me-t-il.
Il mêle ainsi récits extra
ordinaires et désir de recherche
de la vérité historique -cette
dernière démarche marquant
une évolution caractéristique
de son temps .
Cependant , s'il
s '
appuie sur les présages ins
crits dans les astres pour expli
quer les faits, il n'en apporte
pas moins sa pierre à la science
historique : il ne se contente
pas d'
évoquer les batailles et la
vie des rois, mais aborde aussi
l 'évolution des lettres,
de la vie
religieuse et même de l'écono
mie .
Par ailleurs, il innove en
commençant son ouvrage non
par l'histoire des Troyens -
ancêtres supposés des rois
de
France -, mais par celle de la
Gaule ,
tout en posant le problè
me des frontières naturelles du
royaume.
Disgracié par
Colbert
Admis à l'Académie française
en
1649 , malgré les critiques
des savants sur son travail,
Mé
zeray en devient le secrétaire
perpétuel en 16 59.
Pendant la
Fronde, il
publie une Histoir e des
Turcs , ainsi que , sous le pseudo
nyme de Sandricourt, des ma
zarinades qui dévoilent un pen
chant pour la satire à la fois bur
lesque et libertine.
Nommé historiographe de
Louis XN en 1661 , il travaille
pendant d ix ans à son Abr ég é
chronologiqu e, dans lequel il intè -
LES FRONTIÈRES NATURELLES DU ROYAUME
Après l'historien Pierre
Berthault
dans son
livre Florus Francicus,
en 1630, François
Eudes
de Mézeray
pose le problème
des frontières
naturelles du
royaume :
« La
monarchie
française serait
venue
au point
souhaitable
de
grandeur si eUe
avait eu pour bornes
les Alpes, les Pyrénées ,
et le Rhin.
Cette pierre
de terre semble être ainsi
taillée pour être le siège du
plus heureux et du plus soUde
empire du monde, si la
prudence l'avait pu
étendre
jusqu'aux limites que la
nature
lui a fixées.
» En accord
avec
ce principe, il
désapprouve l'expédition de
Charles VIII à Naples.
Jusqu'en
1830, son Histoire de France
connrurra un grand succès
auprès de plusieurs
générations
de Français, qui se
persuaderont de la nécessité,
et de la légitimité pour le pays d'atteindre ces Umltes
natureUes.
gre l' histoire de monarchies
étrangères .
Mais un passage
de
son Histoir e lui vaut une admo
nestation de la part de Jean
Baptiste Colbert , le surinten
dant des Finances, qui n'a pas
apprécié ses explications sur
l 'origine des
impôts royaux tels
que la gabelle et les tailles .
Le
ministre charge l'académicien
Charles Perrault de faire savoir
à Mézeray
que « le roi ne lui
avait pas
donné une pension
de quatre mille livres pour écri
re avec si peu de retenue : que
ce prince respectait la vérité
pour exiger de ses historiogra
phes qu 'ils la déguisassent par
des motifs de cra inte ou d'es
pérance ; mais qu'il ne préten
dait pas aussi qu 'ils dussent se
.a.E OITI ONS .:. ATLAS
donner la licence de réfléchir
sans nécessité sur la conduite
de ses ancêtres et sur une poli
tique établie depuis longtemps
et confirmée par les suffrages
de toute la nation ».
Effrayé, l'historien promet de
revoir son ouvrage .
Dans l'édi
tion de 1672 , il adoucit les ter
mes jugés trop durs et opère
quelques changements .
Peine
perdue : Colbert n'est pas satis
fait et lui supprime la moitié de
sa pension .
De caractère impé
tueux, Mézeray , piqué au vif, ne
peut dissimuler son méconten
tement , si bien qu 'il perd défi
nitivement sa pension .
Malgré
cette disgrâce,
il continue son
travail
de recherche jusqu'à sa
mort , en 1683, vivant d'une for
tune personnelle relativement
confortable
que lui ont permis
de constituer les gratifications
du cardinal Mazarin, du chance
lier Pierre Séguier ou encore de
la reine Christine de Suède .
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