Femme se peignant par DEGAS
Publié le 22/02/2012
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Brossant sa longue et soyeuse chevelure, une femme s'offre aux regards du spectateur dans un chatoiement decouleurs.Dès la Huitième (et dernière) Exposition impressionniste, en 1886, Degas expose des castels sous le titre «Suite denus féminins se avant, se séchant, se peignant et se faisant coiffer».
Les critiques sont partagées, tant la façon devoir de Degas, sans complaisance, étonne.
CONTEXTEDans les années 1890, Degas, souffrant de la vue, se tourne de plus en plus vers le pastel, souvent mêlé dedétrempe et d'eau.
Cette méthode rapide lui évite de trop se fatiguer les yeux.
Pas moins de trois cents dessins denus à leur toilette sont au centre de l'oeuvre des vingt dernières années.
Gauguin, qui admirait fortement Degas, aainsi pu écrire: «Le dessin était à terre ; il fallait le relever et, regardant ces nus, je m'écrie: "Maintenant il estdebout." »LE SUJETContrairement aux autres impressionnistes, Degas a peu pratiqué la peinture de plein air, mais s'est attaché aucontraire à l'observation de la femme dans l'intimité.
En décrivant des gestes quotidiens, naturels, Degas entendfaire s'exprimer la vérité la plus secrète.
Pour une partie du public et de la critique, ce n'était que provocation de lapart d'un peintre qui avait coutume d'affirmer : «Jusqu'à présent, le nu avait toujours été présenté dans desattitudes qui supposent un public.
Mes femmes sont des gens simples, honnêtes, qui ne s'occupent de rien d'autreque de leurs occupations physiques...
C'est comme si vous regardiez par le trou de la serrure.
»
L'OEUVREAudacieux par sa composition (le modèle est représenté en contre-plongée), ce pastel semble exprimer la matérialitéd'un corps dont la nudité est pourtant en partie cachée par la longue chevelure et la serviette autour de la taille.
Sion ne savait pas cette femme de chair, on pourrait la croire de pierre, tant Degas a accentué l'aspect sculptural dela poitrine, évoquant la statuaire grecque.
De plus, le modèle, par le mouvement qu'elle imprime à la main droite,semble tenir un archet à la place d'un peigne, tandis qu'elle paraît s'aider de sa main gauche pour écouter les sonsqui lui seraient renvoyés ! Les contours tracés avec fermeté, le soyeux de la chevelure, la lumière qui tombe sur lebras, la richesse des couleurs à l'arrière-plan indiquent le soin avec lequel a été réalisé ce pastel.
LA COTELes huiles sur toile sont rares en vente publique.
On trouve plus facilementdes pastels, pour lesquels il faut compterde 100000 FF (18000 dollars) à...
13 millions de francs français (2,365 millions de dollars) !
Hilaire Germain Edgar de GAS, dit Edgar DEGAS 1834-1917• Femme se peignant• Pastel sur papier beigeappliqué sur carton82 cm x 57 cm• Non signé• Cachet de la vente en bas, à gauche• Peint entre 1890 et 1892• Localisation : Paris, musée d'Orsay• Expositions : Paris, 1945, 1949, 1969, 1974, 1975, 1976, 1985, 1988.
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