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Dali ou le désir d'être : Réalité et représentation

Publié le 26/07/2012

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dali

La voie de l’imaginaire amène à la représentation de la réalité subjective de l’individu. La psychanalyse se rapproche de l’expérience créatrice. Elles ont en commun le travail du deuil, du rêve, de fragmentation, de transformation, de recomposition de l’objet perdu à travers un langage. La grande différence entre le travail thérapeutique et la création artistique, c’est que le patient ne cherche pas à faire une œuvre. La création n‘est pas seulement une expérience intérieure mais un acte de recréation du monde en des arrangements singuliers. La construction en analyse est caractérisée par l’inachèvement, il n’y a pas d’œuvre à proprement parler, pas de poème, pas de tableau, pas de sculpture mais un mouvement d’être et de désir. Dans la création, il y a forcément une production, qui en est une des fins.

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« ( Manuel statistique des maladies mentales, révisé) qui est utilisé aujourd'hui pour l'établissement des diagnostics médicaux et psychiatrique.

Elle est également laréférence en santé mentale, matière juridique, comme ce qui concerne les propositions d'assurance vie par exemple.

De nombreuses tentatives existent encore enmatière de formation à la vente et au management.

Ce type d'approche peut constituer une base pour aborder une personnalité en essayant de comparer ce que l'onobserve aux caractéristiques de la catégorie.

On peut se poser la question de savoir en quoi telle personne par ses comportements , ses écrits, ses œuvres peutcorrespondre à telle ou telle typologie.

L'ennéagramme m'a paru intéressant car il est simple et imagé.

C'est une approche qui aurait probablement intéressé lessurréalistes car elle s'inspire de courants ésotériques et religieux.

Transmis depuis l'antiquité, cet outil s'est diffusé à partir des années 1970 aux États-unis dans lecourant de la psychologie humaniste comme méthode de développement personnel.

Le mot a été construit avec la racine grecque ennea qui signifie neuf et grammadont le sens est figure.

L'ennégrammme présente neuf grandes catégories de personnalités.

À chacun des neuf pôles est attaché un type fondamental.

Certains auteursdonnent à ce type un nom par exemple le « temporisateur », le « perfectionniste », le « cérébral »...

À chaque type fondamental correspondent dans l'approche la plussimple trois caractéristiques : une dominante, (état de base) ; une régression, (état d'échec) ; une exaltation, (état de réussite).

Pour chacun des neuf types de base, denombreuses nuances (sous-types, ailes, niveaux de réalisation, situations de stress ou de confiance) offrent un ajustement très fin qui reflète bien l'unicité de lapersonne.

Le type pur n'existe pas : c'est un idéal abstrait ; Aucun type n'est bon ni mauvais en soi.

Toute personne participe, en proportions variables et selon lescirconstances, de plusieurs types.

Si l'on applique cette typologie à Dali, on serait tenté de le classer dans le type 4 : Le créateur.

Il voue sa vie entière à créer.Pourquoi ? Qu'est-ce qui peut le pousser à cela ? Il doit inventer quelque chose de nouveau, peut être s'inventer lui- même, comme autre.

L'obsession qu'il va avoir estcelle d'éviter à tout prix d'être banal.

C- La mise en scène de soi : « Je suis original » Pour ne pas être comme l'autre, entendu, comme son frère et en même tempspour être aussi parfait qu'il fut, sorte d'idéal, Dali doit se montrer original.

« Je suis l'être le plus paradoxal, le plus excentrique et le plus concentrique du monde » «Je suis un personnage extraordinaire que l'on ne parvient pas à classer.

Cela alimente et raffermit le fromage de gruyère total de ma personnalité.

» « Le livre quevoici prouvera que la vie quotidienne d'un génie, son sommeil, sa digestion, ses extases, ses ongles, ses rhumes, son sang, sa vie et sa mort sont essentiellementdifférents de ceux du reste de l'humanité.

Ce livre unique est donc le premier journal écrit par un génie » (P.15, Le journal d'un génie, Dali) Dali est connu et reconnupour son excentricité et ses excentricités.

« la tenue est essentielle pour vaincre.

Très rares sont les occasions où dans ma vie je me suis avili en civil.

Je me suistoujours habillé en uniforme de Dali » p 56 Les médias montrent Dali assistant à un vernissage dans un costume scaphandrier ou menant en laisse un rhinocéros pourse rendre à une conférence.

« Suis- je un génie ? » La création offre à Dali la possibilité d'exister comme différent de son frère c'est-à-dire dans sa singularité.

Encela, le fait de devenir un artiste lui confère une originalité qu'il pousse à l'extrême, il se dit lui-même excentrique, ce qui est la figure ultime de l'originalité.

En mêmetemps, il est obligé d'être fidèle à la mémoire de son frère et le remplace, il est donc le même.

Ce qui constitue une identité paradoxale qu'il va devoir maîtriser dansses productions. Une œuvre géniale : La nécessité de maîtriser l'originalité A- Une méthode : La paranoïa critique Dali souffre d'un trouble de la personnalité qui s'accompagne defortes angoisses, d'idées délirantes et d'une mégalomanie.

Les circonstances de sa naissance peuvent expliquer en partie sa pathologie.

Il s'agit de paranoïa.

« Délireinterprétatif construit sur une perception faussée du réel Sans détérioration intellectuelle, la paranoïa se révèle essentiellement par un discours argumenté,d'apparence logique, mais cependant délirant, puisque étayé par un réseau d'illusions.

Le délire de persécution en donne un exemple typique.

La personne qui ensouffre se croit la victime d'une personne ou d'une organisation qui lui veulent du mal.

Elle voit dans le moindre fait la preuve de cette malveillance, dont le sentimentenvahit sa vie, la pousse à des manœuvres absurdes, qui peuvent aller jusqu'à des pulsions meurtrières.

Mais les délires de jalousie, de grandeur, de puissance,d'érotomanie (ce rtitude d'être aimé par une personne étrangère à cette passion), de mysticisme, entrent aussi dans cette forme de pathologie.

» (psychologies.com)Grâce à la rencontre de Gala, Dali va réussir à canaliser ses troubles psychologiques.

Dès 1930, il définit une méthode de création qui exploite sa pathologie.

Il porteson attention sur les mécanismes paranoïaques qu'il subit.

Dali fait des associations systématiques entre ses sensations, ses délires et ses productions.

Dans Laconquête de l'irrationnel (1935), il définit sa méthode comme « un délire d'association interprétatif comportant une structure systématique.

L'activité paranoïa-critique est en fait une méthode spontanée de connaissance irrationnelle basée sur l'association interprétative-critique des phénomènes délirants.

La présence deséléments actifs et systématiques propres à la paranoïa garantit le caractère évolutif et productif propre à l'activité paranoïa-critique.

Cela ne suppose pas l'idée depensée dirigée volontairement, ni de compromis intellectuel quelconque.

L'activité critique intervient uniquement comme liquide révélateur des images, associationscohérentes systématiques.

L'activité paranoïa-critique est une force organisatrice et productrice de hasard objectif.

C'est l'organisation systématique-interprétative dusensationnel matériel, expérimental, surréaliste, épars et narcissique.» « Matérialiser avec la plus impérialiste rage de précision les images de l'irrationalité concrète,qui provisoirement ne sont pas explicables ni réductibles par les systèmes de l'intuition logique, ni par les mécanismes rationnels.

» Dali travaille sur son inconscient,systématise et domine son délire par l'analyse.

Donc, pour pénétrer l'oeuvre de Dali, il est impossible de faire abstraction des mécanismes particuliers qui régissent sapensée pour rendre cohérent et continu son cheminement artistique.

Il s'impose sans cesse une gymnastique mentale intense tout en exerçant un contrôle sur lesobsessions destructrices latentes qui saturent son esprit.

B- Une technique maîtrisée au service d'une imagination morbide, débordante.

Contrairement aux avant-gardistes de l'époque, Dali ne s'oppose pas à ceux qui le précèdent.

Outre sa technique picturale académique, il empreinte à la tradition maints thèmes.

Par exemple, iladmire Raphaël, Velasquez il peint des scènes bibliques… Dans un hommage à Meissonnier (1967) il donne sa conception de la tradition : « Ma métamorphose esttradition car la tradition est précisément changements et réinvention d'une autre peau » Dali aime superposer des images à différentes échelles, il perpétue et régénèreune tradition ancienne qui consiste à dissimuler une image dans des motifs ambigus comme on peut le trouver chez un peintre baroque tel que Arcimboldo.

Enreprenant cet ancien procédé, Dali place son spectateur dans la position du malade mental, du paranoïaque qui interprète de façon délirante une réalité qui peut-êtren'existe pas.

On peut citer en exemple « le grand paranoïaque » réalisé en 1936 où l'on peut lire deux images : des personnages attroupés ou bien deux visages forméspar cet agrégat.

Son dessin, sa peinture, ses gestes, sont d'une précision obsessionnelle qui marque son besoin de contrôle.

Il acquiert pendant ses années d'études lamaîtrise d'un grand nombre de techniques classiques.

Les thèmes qu'il choisit sont marqués du seau de l'étrange.

On les retrouve de manière récurrentes dans sesœuvres, constituant le langage de l'artiste.

Nous allons les analyser en fonction de ce qu'on peut en déduire de sa personnalité. C- Les thèmes d'études et leur signification psychologique.

Besoin d'étayage Les béquilles : symbole phallique de toute puissance La canne/béquille est un élémentcentral que l'on retrouve dans de très nombreuses œuvres chez Dali.

L'aspect sexuel de l'objet est évident comme on le note dans toutes les études concernant lasymbolique des rêves notamment « L'interprétation des rêves » (1899) de Freud.

Dans ce livre Freud explique que par le détour du rêve l'Homme réalise son désir.Cette béquille a les vertus d'une baguette magique selon Dali.

Dès son plus jeune âge, Dali adopta la canne comme objet de jeu issu d'un costume de Roi Soleil quiprogressivement devint un élément indispensable de son personnage.

Pour lui, elle a toujours incarné l'autorité, le mystère et la magie.

Il transcende ce simple objet enun véritable totem de puissance et de pouvoir, vecteur d'assurance et d'arrogance.

« Chaque dalinien devrait posséder sa béquille personnelle comme une baguettemagique».

Elle a le pouvoir de transformer comme le pénis a le pouvoir de créer.

Cette béquille est une métaphore de la création.

En outre, la béquille ou la canne sertaussi de soutien.

Dans la personnalité très perturbée de Dali, la béquille montre également son besoin d'étayage.

Sans cesse ses personnages sont soutenus par cesbéquilles, révélant le manque de structure profonde de sa personnalité ou du moins sa fragilité.

On peut donc penser que par sa création il tente de compenser cettefragilité.

« La béquille figure d'abord la réalité, la fixation au sol du réel qui garde en équilibre le monstrueux développement de la sexualité cérébralisée et del'intelligence imaginative gonflée de sexuel ».

Le mou et le dur En opposition par nature, ce concept illustre bien la dualité du personnage Dali.

Le mou, c'est ladéliquescence, la putréfaction, la mort, le temps qui passe (persistance de la mémoire).

Le dur c'est la stabilité.

Dans ses tableaux ces deux formes cohabitent defaçon complémentaire.

Le mou peut représenter les humeurs, les angoisses et le dur ce qui va les contenir, les soutenir et l'aider à les supporter.

On peut citer parexemple le « Self Soft Portrait » quand lequel Dali se représente par une tranche de bacon molle soutenue par des béquilles et portés par un socle en pierre.

Le sens ducaché et la nécessité de l'introspection Les tiroirs Les meubles ou personnages à niches ou à tiroirs illustrent ce qui est caché du regard, ce qui est le secret de chacun,conscient ou inconscient, ce qui est à protéger.

Le secret est contenu au plus profond des personnages plus ou moins mythiques.

Par exemple le Discobole, la Venusde Milo,… Avec ses tiroirs, Dali montre son désir de sonder l'âme humaine (la sienne en premier) mais aussi de percer les secrets des mythes.

Il a un souciépistémologique, se pose des questions existentielles.

Fixations archaïques La mort et les éléments terrorisants Les sauterelles, les fourmis, le sang et les excrémentssont pour Salvador Dali des éléments terrorisants.

Loin d'en être fasciné ou d'en faire l'apologie, ces parties de son iconographie surréaliste des années 20représentent tous les vecteurs de sa folie qui ont failli le terrasser dans sa jeunesse.

Le spectre de la mort omniprésent, transfiguré dans des images d'insectes, deputréfaction, de formes molles, ne sont qu'un ensemble d'expériences morbides, douloureuses de son adolescence.

Rapport obsessionnel à la nourriture Ce qui frapped'emblée à la lecture des autobiographies de Dalí, c'est l'utilisation quasi constante des termes culinaires.

Les divers éléments du monde sont comparés à des metsgastronomiques."Toutes mes prises de conscience se matérialisaient en gourmandises, et toutes mes gourmandises devenaient prise de conscience." Dans Le journald'un génie, il écrit : "Si j'aime tant me servir de termes gastronomiques pour faire avaler mes idées philosophiques, difficiles et laborieuses à digérer, (…) ." (p.

80).

Ilparle plus loin d'"une incertitude gastronomique et gélatineuse".

(p.

143). »

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