Devoir de Philosophie

Auguste RENOIR: LE CLOWN

Publié le 17/01/2022

Extrait du document

auguste

Auguste RENOIR 1841-1919 • Le Clown, Claude en clown ou Le Clown rouge • Huile sur toile 120 cm x 77 cm • Signé en bas, à droite, sur la base de la colonne, «Renoir 09«. • Peint en 1909 • Localisation : Paris, musée de l'Orangerie • Exposition : Paris, 1913

auguste

« élan dionysiaque, elle n'accable point l'homme, elle est sa compagne bienveillante.

L'image que Renoir se fait del'espace nous offre cette atmosphère de paradis païen.

Ce que le regard embrasse suffit à l'artiste.

Il n'a rien d'unanalyste, ce magicien généreux et immobile.

De son seul regard, il "charme" les apparences.

Elles se posent sur satoile et s'y prennent à un réseau de poésie.

Il observe avec la vigilance exclusive et infaillible des peintres descavernes à qui leur pas réglé sur celui du gibier avait enseigné à en discerner les plus fugitives attitudes.

Après avoirusé de toutes les ressources de l'impressionnisme par quoi l'espace emprunte la fluidité du temps, Renoir éprouvaque cette vaine poursuite tend à subordonner l'artiste.

Pour Renoir, civilisé occidental, jamais ne s'efface lasuprématie de l'homme, qui seul est capable à la fois de sentir et d'organiser la nature.

Pour exprimer la profondeur,il inventera un milieu idéal où flotteront les objets, selon que la vivacité de leurs tons les éloigne ou les rapproche denous.

En situant les choses par la fermeté de leurs accents, il trouvera, pour des motifs analogues, une réponsepersonnelle aux questions que posaient les cubistes. Si la renommée qui salue en Renoir un des plus grands peintres du nu est trop exclusive, elle lui donne sa valeurauthentique.

Courbet est l'inventeur du type que Renoir réalisera peu à peu : la créature forte, saine, généreuse,dont la peau "prend bien la lumière".

Il échappait à cette superstition du dessin linéaire qui imposait aux corps lasilhouette voulue par la mode et parait les visages d'une suavité idéale.

Les nus de Renoir offriront longtemps uncontraste avec leurs "têtes expressives".

C'est au cours de son voyage en Italie qu'il fixe les traits si distinctifs dontil ne s'écarte plus ; la Baigneuse blonde de 1881 est à la limite imprécise entre deux penchants de notre être : sonregard va bientôt oublier les émotions de la vie humaine, au moment où elle va s'en retourner vers cette mer, dontla nuance des flots effacera la lueur plus sombre qu'y avait allumé le reflet de l'esprit. Les nus de la dernière époque ont suscité des critiques et des enthousiasmes irréductibles.

Il y avait pour Renoirune relation évidente entre la dilatation des formes et la "montée en rouge" qui nuance les corps et les choses.

Bienqu'il y ait dans cette production abondante et éclatante des pages où la vie semble surnager plutôt qu'elle n'animeles êtres, on hésiterait à condamner cette "expérience" suprême d'un génie admirablement honnête.

Quand on vientde revoir après huit années les deux Baigneuses couchées du Louvre, la nuance de nacre rose et non plus le vifincarnat qui nourrit leur peau et la force sereine et palpable qui irradie de leurs flancs et anime les plantes, l'eau,leurs compagnes mêmes et le ciel, on ne doute plus que le vieux créateur infirme n'a pas cessé de nous étonner parses leçons. LE TABLEAUHommage ou parodie? Les critiques se sont posé la question.

Il y avait sans doute chez Renoir une grande part dejeu dans cette composition.

Claude, le petit dernier, était considéré comme le clown de la famille.

Jean Renoir, lecinéaste, deuxième fils du peintre, note dans ses souvenirs que son petit frère faisait souvent « le cirque» devantles invités.

Renoir ne vendra jamais cette toile, qu'il conservera un peu comme une photo de famille. LE CONTEXTEClaude Renoir a raconté comment se passaient les longues séances de pose: «Mon père me laissait une grandeliberté.

Le modèle ne devait pas être figé et je pouvais courir dans tous les sens».

Pour Le Clown rouge, il y eutcependant un problème: Claude ne supportait pas les bas de laine que lui avait fait mettre son père.

«Ils mepiquaient, explique-t-il.

Ma mère apporta des bas de soie: ils me chatouillaient.

Ce furent des menaces et desnégociations.

On me promit une fessée, un chemin de fer, le collège comme pensionnaire.

Enfin, je consentis àmettre des bas de coton.

Mon père, contenant une fureur prête à éclater, termina le tableau malgré les contorsionsque je faisais pour pouvoir me gratter». Auguste RENOIR 1841-1919• Le Clown, Claude en clown ou Le Clown rouge• Huile sur toile 120 cm x 77 cm• Signé en bas, à droite, sur la base de la colonne, «Renoir 09».• Peint en 1909• Localisation : Paris, musée de l'Orangerie• Exposition : Paris, 1913 L'ÉPOQUERenoir souffre le martyre, la paralysie le gagne.

Depuis plusieurs années, il ne peut même plus marcher.

Peindre unsujet en hauteur représentait pour lui de grandes difficultés.

Il dut installer sa chaise sur des tréteaux afin deretrouver une certaine souplesse dans ses gestes. L'HISTOIRELe tableau figura dans la collection Walter-Guillaume, puis fut légué au musée de l'Orangerie. LA COTERenoir est, avec Monet, un des peintres impressionnistes les plus cotés.

Un tableau de la même année, représentantLéontine et Coco, a atteint 25,9 millions de francs à New York, en 1990.

Claude en clown, de plus grandes. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles