L'inhumain (Sciences Humaines)
Publié le 16/03/2023
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«
Inhumain
En 2022 est sortie la série sur netflix la série Dahmer (ou Monstre L’histoire de
Jeffrey Dahmer, qui s'est installé dans le top 10 de Netflix depuis la
mi-septembre.
La série raconte l’histoire vraie de Jeffrey Dahmer, un sérial
killer qui a sévi dans les années 1980 aux Etats-Unis.
Surnommé le
“cannibale de Milwaukee”, le meurtrier à commis 17 crimes en 13 ans , tous
plus sordides les uns que les autres.
Il n'empêche que de tels actes impactent
violemment notre sentiments d’humanité et provoquent en nous une forme
d'identité.
Il nous reste alors à nous poser la question sur ce qui est
l’inhumain.
Ce concept à t-il sa place dans les sciences humaines ou est ce
une notion idéologie.
Commençons par définir l'humain, qui provient du latin
Humanitas qui renvoie à la nature humaine, selon la métaphysique
traditionnelle, l’homme est présenté d’emblée comme un certain être qui, à la
différence des autres animaux, serait doué d’une faculté de raisonnées.
La
plupart des philosophes définissent comme humain tout être doué de raison.
La notion d'être humain est la question centrale de toute anthropologie et
comme l'a formulé Emmanuel Kant “Was ist der Mensch” “Qu’est ce que
l’homme ?.
Cependant la définition de l’homme comme être raisonnable peut
se remettre en question car elle ne permet pas de saisir le propre de l’homme.
Par exemple, le lion restera un félin ou le chien un canidé, cependant de par
certain acte l’homme n’est pas toujours considéré comme humain, et c’est
bien le problème car il arrive à l'être humain d'être inhumain.
Questionner
l'être humain comme inhumain est important de la philosophie.
Selon le
Larousse, l’inhumain vient du latin inhumanus est désigne ce qui ne semble
pas appartenir à la nature humaine et qui est souvent perçu comme atroce ou
monstrueux.
Cependant comment penser cette inhumanité, peut on la
conceptualiser comme la fait spinoza, comme un être “hors humanité” comme
le conceptualiser les grecs avec les barbares ou peu importe l’acte commis
bien que qualifié d'inhumain, il reste un être de notre monde humain.
Cette
question n’a cessé d'être posée et notamment aux XXème siècle suite au
deux guerre mondial et qui a mis en avant cette expression célèbre “les
crimes contre l’humanité” .
Ainsi réfléchir sur l’inhumain c'est mettre en avant
des notions comme le mal, le pardon, l’autre ou encore l'ethnocentrisme et
l’objectivité.
C’est ainsi que nous nous demanderons dans quelle mesure les
sciences humaines permettent de questionner la notion d'inhumain en
mettant en avant l’objectivité et la subjectivité, et remettant en cause
l'opposition entre inhumain et humain ?
Il convient tout d’abord de définir l’inhumain comme l’opposition à
l’humain.
Or il n’y a qu’un homme pour être inhumain, ainsi dans une
seconde partie nous verrons l’inhumain comme une modalité de l'être
humain.
Enfin nous finirons par revoir ou reconceptualiser le terme
d’inhumain.
La chose la plus simple est de considérer l’inhumain comme tout ce qui ne
n’est pas humain, hors-humain.
Ce terme est constitué comme une négation
de l’humain.
C’est ainsi que l'objectivité entre en jeu est ne peut être remise
en cause.
Est inhumain tout ce qui ne relève pas de l’homme.
Prenant
l’exemple du cannibalisme effectué par l’empire azteque et vu par les
conquistador et Hernán Cortés en 1519-1521.
Chaque année des milliers de
victimes (homme, femme, enfant, prisionnier, esclave …) etaient immolé puis
mangé.
Ce phénomène de société est dès lors défini comme inhumain par les
conquistadors, cette réalité objective incarnée par le biais du Christianisme.
Cet exemple met en avant l’expérience de l’altérité vécue à la fois par les
conquistador et les azteque.
Cependant, y’a t’il un caractère objectif dans
cela.
Certains jugent inhumain ce que d’autres jugent au contraire à l’honneur
de l’humanité et cela peur être faux voir incorrect .
Ainsi Christoph Colomb n’a
pas cherché à comprendre la langue de l’autre, il y a alors un refus de
comprendre l’autre.
Ainsi l’inhumain n’est pas le non-humain mais bien un
humain dont les actions ne correspondent pas à la dignité humaine.
Ainsi le concept d’inhumain n'apparaît pas comme une réalité objective mais
d’une valeur qui est jugée .
Tout ce qui attente à l’intégrité physique et à la
dignité morale de l’être humain pourra être dit inhumain.
Dire qu’un être est
inhumain, c’est dire qu’il est différent de nous, car il ne correspond pas au
norme de notre système culturel.
Ainsi Montaigne “des Cannibales “ "Il n'y a
rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu'on m'en a rapporté,
sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage; comme de
vrai, il semble que nous n'avons d'autre mirage de la vérité et de la raison que
l'exemple et idée des opinions et usages du pays où nous sommes".
Ainsi il
est réducteur de qualifier l’inhumain à partir d’une position ethnocentriste, car
ici intervient l’idéologie qui selon Paul Ricoeur est l’identité au sein duquel se
trouve le processus de légitimation.
Ainsi Cortes n’avait pas conscience que
ces actes envers les indigènes étaient mal car pour lui il n'était pas dans le
mal, il ne faisait que l'œuvre du christianisme et de l’europe, il avait une
confiance absolue en soi .
Un terme qui s’associe souvent avec inhumain est
barbare et désigne sous la Grèce Antique tout ce qui ne participait pas à la
culture grecque.
Selon les mots Lévi-Strauss dans Race et Histoire « Le
barbare, c’était celui qui ne parlait pas grec, le mot désignant un cri inarticulé,
comme celui du chant des oiseaux.
» Nous rapprochant l’autre de l’animal.
Lorsque que l’on qualifie un acte d’inhumain on se heurte au jugement qui
découle d’un modèle.
Dans les grandes Antilles, pendant que les européens
chercher si les indigène avaient une âme ou pas, les indigène s'employait à
immerger des européens, afin de vérifier, par une surveillance prolongée, si
leur cadavre était sujet à la putréfaction, afin de savoir si il fallait les
considérer comme des « hommes »
Ainsi le concept d’inhumain n’a rien à voir avec l’absolu et l’universel mais
bien du relatif et du particulier.
Le concept d’inhumain se construit et diffère
selon les sociétés, l’idée de l’inhumain rentre alors dans le domaine de la
culture et des coutumes.
Hors la particularité de ces dernières c’est leurs
différences .
Ainsi Socrate explique dans la Politique que les esclaves étaient
définis comme ceux qui ont la capacité corporelle d'exécuter des ordres.
Cela
n'était pas vu comme inhumain de les fouetter puisque ces derniers n'étaient
pas considérés comme des humains.
Hors aujourd’hui obliger quelqu’un à un
travail forcé est qualifié d’inhumain.
On a pu le constater très récemment avec
le Qatar et la coupe du monde 2022 qui sont accusé d’esclavage moderne.
De plus nombre d'actes sont perçus comme inhumains aux yeux d’une
civilisation et totalement normale par celle qui la pratique.
Reprenons
l’exemple de Montaigne qui dans son essai nous fait une assez bonne
comparaison qui déstabilise l’ethnocentrisme en mettant en avant que les
guerres de religion ne sont pas plus civilisées que les rituels
anthropophagiques.
Enfin, l'idée même que nous donnons à l’inhumain pose
problème car l'être humain est en constant mouvement.Or il n’y a qu’un
homme pour être inhumain.
Ainsi au lieu de voir l’inhumain comme une
opposition à l’humain ne serait-il pas plus intéressant de considérer l’inhumain
comme une modalité de l’homme.
L’inhumain une modalité de l'être humain
L’inhumain est une idée qui est construite par opposition avec l’expression
commune d'être humain.
Cependant on a bien souvent tendance de façon
erroné de prendre l'inhumain comme opposition de l'être humain.
Pour voir
cela il suffit de chercher l’antonyme de inhumain sur internet et l’on trouve le
terme d’humain.
Mais lorsque l’on s'intéresse un plus à l'étymologie du mot
inhumain on a la particule “in” et le nom homme qui vient de humanus.
En
quelle sorte l’inhumain fait....
»
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