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  PREMIER PATRICIEN   Personne n'a ce pouvoir.

Publié le 15/12/2013

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  PREMIER PATRICIEN   Personne n'a ce pouvoir.   LE VIEUX PATRICIEN   La vie serait impossible.     PREMIER PATRICIEN   Vous voyez bien. Tenez, j'ai perdu ma femme, l'an passé. J'ai beaucoup pleuré et puis j'ai oublié. De temps en temps, j'ai de la peine. Mais, en somme, ce n'est rien.   LE VIEUX PATRICIEN   La nature fait bien les choses.   HÉLICON   Quand je vous regarde, pourtant, j'ai l'impression qu'il lui arrive de manquer son coup.   Entre Cherea.     PREMIER PATRICIEN   Eh bien ?   CHEREA   Toujours rien.   HÉLICON   Du calme, Messieurs, du calme. Sauvons les, apparences. L'Empire romain, c'est nous. Si nous perdons la figure, l'Empire perd la tête. Ce n'est pas le moment, oh non ! Et pour commencer, allons déjeuner, l'Empire se portera mieux.   LE VIEUX PATRICIEN   C'est juste, il ne faut pas lâcher la proie pour l'ombre.   CHEREA   Je n'aime pas cela. Mais tout allait trop bien. Cet empereur était parfait.       DEUXIÈME PATRICIEN   Oui, il était comme il faut : scrupuleux et sans expérience.   PREMIER PATRICIEN   Mais, enfin, qu'avez-vous et pourquoi ces lamentations ? Rien ne l'empêche de continuer. Il aimait rusilla, c'est entendu. Mais elle était sa soeur, en somme. Coucher avec elle, c'était déjà beaucoup. Mais ouleverser Rome parce qu'elle est morte, cela dépasse les bornes.   CHEREA   Il n'empêche. Je n'aime pas cela, et cette fuite ne me dit rien.   LE VIEUX PATRICIEN   Oui, il n'y a pas de fumée sans feu.   PREMIER PATRICIEN   En tout cas, la raison d'État ne peut admettre un inceste qui prend l'allure des tragédies. L'inceste, soit, mais discret.   HÉLICON   Vous savez, l'inceste, forcément, ça fait toujours un peu de bruit. Le lit craque, si j'ose m'exprimer ainsi. Qui vous dit, d'ailleurs, qu'il s'agisse de Drusilla ?   DEUXIÈME PATRICIEN   Et de quoi donc alors ?   HÉLICON   Devinez. Notez bien, le malheur c'est comme le mariage. On croit qu'on choisit et puis en est choisi. C'est comme ça, on n'y peut rien. Notre Caligula est malheureux, mais il ne sait peut-être même pas pourquoi ! Il a dû se sentir coincé, alors il a fui. Nous en aurions tous fait autant. Tenez, moi qui vous parle, si j'avais pu choisir mon père, je ne serais pas né.   Entre Scipion.     SCÈNE II   CHEREA   Alors ?   SCIPION   Encore rien. Des paysans ont cru le voir, dans la nuit d'hier, près d'ici, courant à travers l'orage.   Cherea revient vers les sénateurs. Scipion le suit.   CHEREA   Cela fait bien trois jours, Scipion ?   SCIPION   Oui. J'étais présent, le suivant comme de coutume. Il s'est avancé vers le corps de Drusilla. Il l'a touché avec deux doigts. Puis il a semblé réfléchir, tournant sur lui-même, et il est sorti d'un pas égal. epuis, on court après lui.   CHEREA, secouant la tête.   Ce garçon aimait trop la littérature.       DEUXIÈME PATRICIEN   C'est de son âge.   CHEREA   Mais ce n'est pas de son rang. Un empereur artiste, cela n'est pas concevable. Nous en avons eu un ou eux, bien entendu. Il y a des brebis galeuses partout. Mais les autres ont eu le bon goût de rester des fonctionnaires.   PREMIER PATRICIEN   C'était plus reposant.   LE VIEUX PATRICIEN   À chacun son métier.

« Du calme, Messieurs, ducalme.

Sauvons les,apparences.

L'Empireromain,c'estnous.Sinous perdons la figure, l'Empire perdlatête.

Cen'est paslemoment, ohnon ! Etpour commencer, allonsdéjeuner, l'Empire seportera mieux.   LEVIEUX PATRICIEN   C'est juste, ilne faut paslâcher laproie pourl'ombre.   CHEREA   Je n'aime pascela.

Mais toutallait tropbien.

Cetempereur étaitparfait.. »

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