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La puissance d'un instrument n'est rien s'il n'est pas bien connu.

Publié le 11/05/2011

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Après avoir considéré le perfectionnement des mesures astronomiques, soit angulaires, soit horaires, relativement aux principaux moyens matériels qu'on y emploie, il faut maintenant envisager les moyens intellectuels qui sont au moins aussi nécessaires, c'est-à-dire la théorie des corrections indispensables que les astronomes doivent faire subir à toutes les indications de leurs instruments pour les dégager des erreurs inévitables dues à diverses causes, et surtout aux réfractions et aux parallaxes. Il existe, comme je l'ai indiqué..., une harmonie fondamentale entre ces deux ordres de perfectionnements. Car il faut des instruments d'une certaine précision pour que la réfraction ou la parallaxe deviennent suffisamment appréciables ; et d'un autre côté, il serait parfaitement inutile d'inventer des instruments extrêmement exacts, si la réfraction ou la parallaxe devaient à elles seules apporter dans les observations une incertitude supérieure à celle qu'on se propose d'éviter par l'amélioration des appareils. Pourquoi, par exemple, les Grecs se seraient-ils efforcés de perfectionner beaucoup leurs instruments, lorsque l'impossibilité où ils étaient de tenir compte des réfractions et des parallaxes introduisait nécessairement dans leurs mesures angulaires des erreurs habituelles de un à deux degrés, et quelquefois même davantage ? C'est sans doute dans une telle corrélation qu'il faut chercher l'explication véritable de la grossièreté des instruments grecs, qui forme un contraste si frappant avec la sagacité d'invention et la finesse d'exécution dont les anciens ont donné tant de preuves irrécusables dans d'autres genres de productions. COMTE.

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