Chateaubriand écrit dans son Voyage en Amérique : « Tu vis, donc tu souffres : voilà l'homme! » Vous expliquerez ce pessimisme.
Publié le 13/03/2011
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Avant d'expliquer, il faut d'abord constater en quoi consiste ce pessimisme. Il est très différent de celui de Rousseau. Rousseau dit qu'il a été très malheureux pour des raisons accidentelles : mauvaise santé, gaucherie, persécutions de ses ennemis ; mais il pense qu'il est facile à l'homme d'être heureux, et qu'il a fini lui-même par le devenir, à très bon compte. La phrase de Chateaubriand prouve qu'il est pessimiste et pour lui-même et pour l'humanité tout entière. Les raisons en sont que dès que l'homme cesse d'être médiocre, de mener une vie tout animale, il aspire à un idéal, à une plénitude de vie que la réalité ne saurait jamais lui donner; il veut l'infini et le réel est borné. Mal qui est d'une part sans cause précise, car on ne saurait même pas définir exactement ces aspirations, et, d'autre part, sans remède, puisque rien, dans la vie, n'est à la mesure de l'idée que nous nous faisons du bonheur. Il resterait à montrer l'influence de ce mal du siècle. Littérairement, Chateaubriand lui doit le pathétique émouvant, la vibration profonde de certaines de ses œuvres. Chez certains romantiques qui ont étalé ce mal du siècle, on sent au contraire quelque chose de factice et de déplaisant ou une pure convention littéraire. Moralement parlant, il n'est pas douteux qu'en donnant à ce pessimisme désespéré le prestige de son génie, Chateaubriand a contribué à répandre un mal qui n'a pas touché toute une génération, mais qui a troublé ou perdu certaines âmes.
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